Shok ?!

Sans titre

L’objectif de Shok ?! est de créer une forme contemporaine, dans laquelle plusieurs pratiques artistiques se mêlent et s’épousent pour générer un spectacle vivant, témoin des aspirations qu’y amène chacun des membres de la troupe. Ce travail de recherche et de création a trouvé le soutien du Chapitô qui a accueillit les artistes pendant une semaine de résidence à Wedrumel sur l’île de Lifou en juin 2011.

Les rythmes traditionnels drehu composent le fond sonore sur lequel le poète slameur pose ses textes. Il est sur scène, droit, autour de lui s’animent les corps des danseurs, interprétant les chorégraphies. De temps à autres, il se mêle à leur danse. Les paroles ne sont pas lancées seules : au contraire chaque texte a été écrit en fonction du rythme qui l’accompagne. Les textes dits sur un rythme « bua » (danse guerrière drehu) sont des textes engagés, les textes dits sur un rythme « lale » (danse de couple drehu) sont les textes les plus « légers », etc.

Il existe dans la culture kanak différents types de discours : discours généalogique, danses guerrière, tchap… Chacun est scandé sur un rythme précis. Ce sont ces rythmes qui ont été utilisés pour construire le squelette du spectacle. Mais l’artiste ne reproduit pas fidèlement le discours ni, parfois, la danse, il apporte une interprétation artistique en y associant un discours actuel et un mouvement contemporain, créant ainsi un nouveau style.

« Shok ?! » entre ainsi dans la collecte et la valorisation du patrimoine culturel kanak. L’inscription du traditionnel dans un contexte de création artistique amène l’idée que ce patrimoine n’est pas fossilisé, qu’il peut rester vivant et évoluer.

Les costumes évoluent au cours du spectacle, racontant l’histoire de ce choc des cultures mélanésiennes et européenne, puis la possibilité de les faire coexister. Le Choc se transforme en Shok, qui en argot signifie « bien » : de cette rencontre violente peut émerger du bon. C’est à chacun de nous que s’adresse le spectacle, il invite à tirer le bon de cette diversité, à le vivre non comme un obstacle à la communication et à la construction de soi mais comme une richesse permettant d’inventer du meilleur, de mieux apprendre à écouter et à partager.

Dans J’aime les mots, Paul Wamo écrivait « Nôjeng Hniminang », où il promettait à sa terre natale de revenir. Avec Shok ?!, il tient sa promesse et puise dans ce retour aux sources, à la terre et aux racines une inspiration nouvelle pour sa création. Ainsi dans ce nouveau travail de création, l’artiste s’imprègne de la parole vraie de son pays, celle d’hier, celle d’aujourd’hui, celle qui rit, celle qui a mal, celle qu’on cherche pour demain. Et avec ce panier de parole qui nourrit son travail, il offre une performance qui porte l’empreinte du pays.

 

shok1 shok2

Reportage et interview sur NCTV

À consulter :  la revue de presse